16.10.2008
Petit lac dans la jungle
En empruntant la « route de la mort » à partir de Mae Sot, on arrive au bout d’environ 4 heures, à 168 km plus au nord, dans la ville d’Umphang. Une ville tranquille connue pour les éléphants ("Umphang" vient d’un mot karen désignant la selle que portent les éléphants de cette tribu) et sa forêt tropicale où l’on peut faire de nombreux trekkings entre autre pour visiter la fameuse chute d’eau Ti Lo Su.
A environ 68 km, soit 1,5 heures d’Umphang et en conduisant sur une route nettement moins bien que la première, on traverse une jungle luxuriante. Au bout de la route des montagnes et un village d’environ 18 000 habitants, dont 3 000 familles. Un village contrôlé par l’armée thaïlandaise, un village qui existe depuis 11 ans. Ce village est le camp de réfugiés Nupo, ce qui signifie "petit lac" en karen.
Un contrôle de papier rapide par un militaire souriant, un échange de regard avec notre chauffeur, le fils du deuxième leader du camp, et nous pouvons passer. Les étrangers n’ont pas le droit de passer la nuit au camp, mais comme ma collègue Irène et moi, nous sommes des amis the Baby, on nous souhaite les bienvenues…
Des milliers de cabanes en bambou, des enfants qui jouent dans les allées en terre battue, quelques échoppes, des hommes vétus en longyis qui mâchent des feuilles de bétel, des femmes qui s’occupent du linge, mais surtout une masse de personnes qui ne font rien, qui se reposent sur leurs vérandas, qui regardent dans le vide, qui marchent sans aucun but, qui parlent dans leurs langue maternelle. Le camp Nupo est un des neuf camps de réfugiés birmans en Thailande et existe depuis 1997. Même si la plupart des gens sont des Karens (environ 84%), ce camp se veut multiethniques car on y trouve 15 ethnies et 5 différentes religions...
Le camp est sous l’ordre du Thailand Burma Border Consortium (TBBC), mais organisé comme un vrai village : il y a un comité, un hôpital, des écoles, des temples, une église, un marché, quelques restaurants et un très bon salon de thé où nous avons bu du délicieux thé birman en dégustant des gâteaux à la semoule et en discutant avec le gérant, un Birman de 45 qui a fui son pays afin de pouvoir partir à l’immigration. Il nous a dit qu’il lui est impossible de trouver du travail dans son pays, qu’il ne peut pas accepter de vivre dans la pauvreté qui lui est soumis par la junte.
Cet homme, plein d’espoir est arrivé à Nupo au mois de mars, il a ouvert son salon de thé il n’y a même pas un mois. Pour l’instant il est en attend de l’acceptation de son dossier avant d’être mise sur une liste d’attente. Quand pourrait-il partir ?
En général, les réfugiés attendent deux ans avant de pouvoir partir dans un « troisième pays ». Depuis 2005, 3 511 personnes ont obtenu un visa pour partir dans les pays suivants :
· USA (2 086 personnes)
· Australie (480 personnes)
· Suède (393 personnes)
· Norvège (72 personnes)
· UK (66 personnes)
· Nouvelle Zélande (47 personnes)
· Canada (7 personnes)
Néanmoins, certaines réfugiés ne souhaitent pas quitter l’Asie, ils veulent rester en Thailande, près de leur pays natal , un jour ils y retourneront…
03:07 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note










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